Je n'ai pas encore trouver ma place, mon utilité quelconque. Je ne fais jusqu'à présent que la décoration, je me demande bien si les gens font attention à moi, je ne crois pas. Assise ici, sur le toit de cet immense immeuble de commerce, je domine le monde. Et personne ne m'aperçoit, je ne manque sans doute à personne et cela m'est égal. J'ai les pieds dans le vide, je sais bien que je pourrais tomber à n'importe quel moment, mais jouer ainsi avec la mort me rend plus vivante. Paradoxe ? Oui mais ce n'est pas le plus important. Je regarde devant moi, j'observe le monde de mes yeux que j'aurais aimé garder enfants. J'ai grandi trop vite, on sort trop rapidement de cette période d'insouciance. Les rares personnes à qui je parle, mes parents et la chose qui me sert de grand frère, me disent immature si seulement ils savaient... Je soupire, comme la vie est fade, trop de gris qui engloutit les rares lumières colorées. Je sombre, non pas que je souhaite mourir, de toutes manières seul le corps meurt. Bref, tout ici est inutile. Personnes ne prend le temps d'écouter ou de lire, il passe quand ça l'agasse et loupe le meilleur. Après tout c'est votre problème et non le mien. Je vais pas sauter ne vous en faites pas, je hais le monde surfait dans lequel nous subsistons mais pourquoi irais-je jusqu'à me suicider pour ça ? Je n'ai aucune raison valable.
La porte s'ouvre avec un grincement, c'est un ami, du moins je crois, il travail ici –Enfin, c'est ce qu'il m'a dit au cour d'un de ses monologue. Je l'aime bien, je ne sais pas vraiment en fait. Je ne pense pas qu'il prête attention à moi, je suis sans doute pour lui une sorte de psy à pas cher, la personne qu'il vient voir pour parler. S'il savait comme je n'en ai rien à faire de ses problèmes. Je crois que je n'ai jamais ouvert une seule fois la bouche avec lui dans les environs. Mais bon, j'en fais de même avec tout le monde. Je me demande s'il sait que je ne l'écoute pas réellement, je fais comme si mais mon esprit est ailleurs. Je ne pense qu'à moi, égoïste oui, mais lui aussi... Le silence enfin, je ne me souviens même pas de se qu'il disait, heureusement ou tant pis. Je sens son regard sur ma nuque je n'aime pas ça. Soudainement il me pose une question.
-Tu m'écoutes ?
-Non.
Je me relève et m'en vais, ainsi cette rencontre se fini. Ce n'est pas grave, je crois qu'il reviendra demain.
J'espère.